Séries télévisées, extension du domaine de l’addiction ?
Des médecins, des universitaires et, à leur suite, les médias qui leur donnent la parole dénoncent aujourd’hui l’apparition d’une nouvelle addiction sans "substance" : nous serions tous plus ou moins devenus "accros" aux séries télévisées…
S’il est vrai que les séries occupent une part grandissante de notre temps de loisir et que certains en font un usage qui peut sembler excessif, avec des pratiques quelque peu extrêmes tel le binge-watching, il paraît néanmoins a priori difficile de ranger dans la catégorie des produits addictifs des créations culturelles qui visent au divertissement.
Il est vrai cependant que les séries sont addictives au sens où tout est mis en œuvre pour tenir en haleine les spectateurs et le présent ouvrage met en évidence les nombreux outils de fidélisation du public et de captation de son attention. Il questionne ensuite les différentes postures des consommateurs de récits sériels en vue de dégager un certain nombre de catégories : l’amateur intermittent, le sériephile, le fan, etc. Il envisage aussi de possibles comportements de « mésusage » qui pourraient être considérés comme alarmants pour la santé, l’équilibre psychologique et l’insertion sociale de certains de ces amateurs, tout en gardant à l’esprit que l’addiction ne surgit pas de nulle part et ne se résume pas à un dérèglement "neurobiologique".
La réflexion se fonde sur le témoignage d’un certain nombre d’experts et d’amateurs ordinaires de séries.